Les Burundais valent beaucoup mieux.  Par le Nouvel Observateur Burundais

 

L’Assemblée Nationale est une institution de la république et ne saurait en aucun cas être un jouet entre les mains de quelque parti  politique que ce soit. Les honorables, si tant est qu’ils veuillent donner du contenu à ce titre «  Honorable » n’ont de compte à rendre qu’au peuple et non aux partis dont ils sont  ou furent les militants. Certes, les députés sont souvent présentés par des partis, mais une fois qu’ils sont élus, ils appartiennent à l’ASSEMBLEE NATIONALE et les institutions qu’ils mettent en place ne peuvent être modifiées au rythme des seuls intérêts ou caprices du parti au pouvoir. Et pourtant !

Parce que telle est la volonté du CNDD-FDD, il faudrait destituer  Alice NZOMUKUNDA du poste de vice-président  de l’Assemblée Nationale ? Qui peut expliquer au Burundais la faute qui justifierait sa destitution? Une telle faute n’existe pas. Pourquoi alors l’Assemblée Nationale devrait être mobilisée presque manu militari pour régler des problèmes qui ne concernent en rien la Nation ? Dans cette dérive, même la police a été mise à contribution ! Un désastre, une honte. Agahomera bunwa !

Il faut avoir un esprit irrémédiablement stalinien pour avoir recours à la police pour intimider des élus de l’Assemblée Nationale. Cette attitude montre que le pouvoir est à cours d’arguments et préfère recourir à la force. Elle montre aussi que le pouvoir burundais se maîtrise de moins en moins, qu’il panique face aux prochaines échéances électorales et que le risque d’une fuite en avant brutale n’est pas à exclure de sa part. «  Homba Homboka !»,  comme on dit l’expression : vaille que vaille, Alice NZOMUKUNDA doit partir !

Le peuple ne reproche rien à Alice NZOMUKUNDA, bien au contraire. Alice NZOMUKUNDA a  eu le courage de protester vigoureusement contre les dérives du pouvoir à l’époque du tout puissant RADJABU.  Animée du même esprit d’indépendance à l’égard de tout système, elle dénonce  aujourd’hui les dérives qui n’ont pas cessé avec  l’emprisonnement de RADJABU. Finalement, le CNDD-FDD ne reproche à Alice NZOMUKUNDA que son insoumission sinon il aurait sanctionné ceux de ses membres dont les mains sont aussi peu propres que les poches sont  pleines de deniers publics pillés.

Cette histoire qui n’est malheureusement pas unique dans son genre, est une véritable honte pour le Burundi.  Paradoxalement et heureusement, elle pourrait aussi constituer une opportunité pour calmer les velléités dictatoriales de la direction du CNDD-FDD. On dit que les peuples ont les gouvernements qu’ils méritent. S’il vous plaît Messieurs les députés, faites la démonstration que le peuple burundais vaut mieux que la médiocrité dans laquelle la direction du CNDD-FDD est entrain de le plonger, dites non à la Dictature, vous n’êtes pas des marionnettes !

NOB (Le Nouvel Observateur Burundais)