VOUS VOULEZ LA DEMOCRATIE….

 

 Burundi news, le 19/03/2017

Par Gratien Rukindikiza

Le Burundi traverse une période difficile. La situation impose une solution radicale et la démocratie doit être le remède de cheval. Le Burundi ne peut pas rester dans le cercle infernal de la violence, du refus de la démocratie. La démocratie véhiculée  par la constitution burundaise actuelle est  au rabais. Cette constitution contient des failles. Ceux qui l’ont écrit n’ont pas rendu un grand service au peuple.

Les institutions sont sous les bottes du premier dictateur. Il manque des verrous.

La justice

Tous les hauts magistrats sont nommés aujourd’hui par le Président de la République, y compris ceux qui doivent valider son élection. Il va de soi qu’ils valident les élections même s’il y a tricherie.

 Il faudrait que les magistrats soient nommés à des postes de hautes responsabilités par le collège des magistrats et avocats. Ils pourraient être aussi démis de leurs postes par le même collège.

La cour des comptes devait inclure des représentants de la société civile au niveau des investigations. Tout dossier soulevé par la société civile devait faire l’objet d’une enquête judiciaire.

L’armée et la police

Les nominations à de hautes fonctions de l’armée et de la police devraient être validées  par un trio à savoir le pouvoir, l’opposition et la société civile. Sans l’unanimité, la nomination devrait être rejetée. Le limogeage devrait être effectif si deux du trio le demandaient. On aurait des responsables de la sécurité irréprochables et qui ne seraient pas à la solde du pouvoir.

Un Président candidat devient démissionnaire

Un Président en exercice qui voudrait devenir candidat à sa réélection devrait démissionner de son poste un mois avant la campagne présidentielle pour ne pas entraver les élections. Il serait un citoyen libre pendant 90 jours pour la campagne électorale et la précampagne.

Le Président démissionnaire devrait quitter le palais présidentiel. Il aurait la même intendance que les anciens vice-Présidents.

Il serait remplacé par un trio qui n’aurait pas le titre de Présidents mais de triumvirat des affaires courantes. Sauf en cas d’urgence, aucun décret présidentiel ne serait pas signé. Le triumvirat serait composé d’un membre de la société civile y compris les religieux choisi par la même société civile, un magistrat choisi par ses collègues pour sa neutralité et un officier supérieur ou général choisi par ses collègues. Tous les trois ne pourraient pas prétendre aux avantages des Présidents. Ils pourraient bénéficier de quelques gratifications et rémunérations égales à celle du vice-Président et la même intendance. C’est le trio qui devrait aussi garantir la transparence des élections.

La commission électorale

La commission devait être composée par des personnalités non membres des partis politiques, des magistrats, de la société civile et du clergé. Il devait y avoir 30 % de la commission composée par des représentants de l’Union africaine et de l’ONU.

Le Parlement

Il y a aujourd’hui 118 députés burundais pour représenter 11 millions. C’est un député pour 100 000 burundais. C’est trop. Il faudrait qu’il y ait un député pour 300 000 burundais avec un vrai travail de terrain. Si on arrondit à 35 députés, il y aurait en plus 2 ou 3 députés de la diaspora comme ça se fait au Sénégal, 2 députés  représentant la jeunesse et un de la société civile. En cas de pétition de 20 000 burundais de la circonscription,  l’élection du député devait être lancée dans la circonscription avec d’autres candidats y compris celui qui était en place.

Les députés devraient élus au nom d’un parti ou de la société civile mais sur une liste non bloquée. Les électeurs pourraient cocher le député voté sans suivre l’ordre chronologique tel que c’est imposé par la liste.

La constitution

Il devrait être inscrit en marbre que le mandat d’un Président est de 5 ans renouvelable une seule fois et que même une nouvelle constitution ne devait déroger à la règle.