UN GOUVERNEMENT PIEGE DANS SES ATTRIBUTIONS

 

Par Gratien Rukindikiza

 Burundi news, le 24/11/2007

Le nouveau gouvernement a été accueilli par la joie chez ceux qui attendaient devant les portes pour entrer dans le cercle fermé des décideurs publics. Ni les concernés, ni les partis ayant gagné quelques postes ministériels n'ont constaté d'emblée que quelque chose n'allait pas. Il suffit d'analyser en profondeur les attributions des nouveaux ministres pour se rendre compte que quelques ministères ne sont que des coquilles vides.

Le ministre de l'intérieur et du développement communal n'est plus en charge de la sécurité publique. Il est très difficile de concevoir un ministre de l'intérieur déchargé de la sécurité publique. En cas de trouble à l'ordre public, c'est le ministre de la Sécurité publique qui aura la gestion du dossier. Or, celui qui a l' Intérieur dans ses attributions devrait s'occuper aussi de la tranquillité de la population. Aura-t-il à gérer que des rapports des gouverneurs sur le développement? Son ministère est en réalité qu'un ministère du développement communal sans le développement local qui passe au ministère de la Bonne gouvernance. 

Le ministre de la Sécurité Publique est en réalité le directeur général de la police qui a pris le rang de ministre, qui exécute et se contrôle car il obtient en plus de ses attributions, l'inspection générale de la police qui dépendait du ministère de l'Intérieur. Il aura toujours la passation des marchés et surtout ses marchés favoris de haricots et huile corrompus. Le nouveau directeur général de la police nationale reste dans les faits le directeur général adjoint de la police.  Au niveau de la sécurité, rien ne va changer car ce sont les mêmes qui ont été incapables d'enrayer le banditisme et les tueries qui restent aux commandes. Pire, on sait que le banditisme est une affaire de la police dont les chefs au haut niveau touchent des commissions sur les vols commis et commandités par eux-mêmes  dans le pays. Un objet volé est vite retrouvé quand on connaît le général XX. Il suffit qu'il demande à ses employés bandits de ramener l'objet volé plutôt que de le vendre.


La ministre des Relations Extérieures n'est plus ministre des relations extérieures. Elle gère un ministère sans matière. Elle ne garde qu'une diplomatie de façade. En effet, le ministère des Relations extérieures gère aussi les affaires avec les voisins pour une coordination régionale. Or, ces affaires sont transférées à un ministre et un vice ministre. Les relations avec le Kenya, le Rwanda, l'Ouganda, la Tanzanie vont plus passer dans l'Eat africa que dans les diplomaties classiques. De plus, la ministre perd la coopération qui passe au ministère des finances. Si la ministre des Relations extérieures ne peut plus parler d'aides en Europe ou en Amérique, il est difficile de concevoir son rôle. Le Burundi n'est pas intéressé par la France ou l'Allemagne si ces pays ne nous parlent pas de coopération. La ministre Batumubwira risque de s'ennuyer d'autant plus que le poste de Président de l'union Africaine ira très probablement au Gabonais et d'ailleurs qui a été soutenu dans la grande cacophonie par le Burundi qui a présenté en même temps la candidature de Madame Batumbwira.

Certains ministres ont aussi des vice ministres. Rien n'indique, et il manque toujours un décret d'application, comment seront les  relations entre les ministres et les vice ministres. Est-ce que c'est le ministre de l'Intégration régionale et des affaires de la communauté East Africaine qui représentera le Burundi au sommet des ministres de la communauté ou c'est le vice ministre chargé la communauté East Africa ou les deux?

Qui nomme les directeurs des écoles secondaires?

Les questions restent posées. Après avoir formé le gouvernement, le pasteur Président Nkurunziza a rejoint sa carapace et attend que les ministres s'arrangent entr'eux. Un tel gouvernement aura plus à se disputer des limites d es attributions des uns et des autres qu'à régler les affaires des Burundais.