Note de la rédaction : Nous publions un article de Daniel Kabuto, conseiller principal à la 2 ème vice-Présidence. Malgré les divergences d'opinions qui nous opposent, nous constatons que son article est assez profond car il met à nu le système du CNDD-FDD. Les soutiens qu'il a déjà reçus se comptent sur les doigts d'une seule main. Burundi News lui apporte son soutien. Il aura compris tardivement que la machine huilée finit par emporter celui qui l'a huilée. Un petit conseil, Monsieur Kabuto, soyez vous-même, changer pour servir un pouvoir, insulter pour servir un pouvoir, souhaiter du mal pour servir un pouvoir, c'est une véritable autodestruction.

Notre site affirme qu'il détient des preuves tangibles que Ayubu Pollin n'est pas Kabuto. Que ceux qui associent ce nom à Kabuto se trompe. Qu'ils aillent chercher ailleurs. Dans la lutte interne au sein du CNDD-FDD, Kabuto pourrait subir des conséquences. L'article paru sur Burundi Bwacu s'inscrit dans cette lutte interne, qu'il soit de la main de Kabuto ou d'un autre, il porte un coup dur au Président de la République et surtout sur l'angle ethnique. C'est un jeu dangereux auquel les Burundais devraient s'abstenir.

Nous nous permettons de mettre en gras quelques passages de l'article pour attirer l'attention du lecteur. Que Mr Daniel Kabuto nous en excuse. Nous lui souhaitons bon courage et il faudra probablement suivre le chemin de notre ami Steve Decliff qui est resté égal à lui-même, un homme de valeur et qui a bien compris qu'il vaut mieux garder sa personnalité.

Burundi news, le 12/01/2009

Source : Abarundi.org

EVENTS: Il y a une année Emmanuel Havyarimana nous quittait...

Bujumbura le 10 janvier 2009 (abarundi.org) - C`était au début de l`année 2008. La première semaine du mois de janvier pour être précis. Tous ses amis ont été bouleversés par la fin tragique d`Emmanuel Havyarimana. Il ne souffrait d`aucune maladie, ne se connaissait pas d`ennemis.

 
Bien que toute vie d’homme soit un mystère, Emmanuel avait sans nul doute des ennemis comme son trépas l`a illustré. Tous ses amis sont unanimes pour affirmer qu`Emmanuel Havyarimana est mort d`un empoisonnement. L`auteur du crime court toujours tandis que devant Dieu, l`âme du disparu réclame justice. Mais au Burundi, il y a tellement d`âmes expédiées vers l`au-delà qui réclament justice.

Rentré des Pays-Bas en 2006, Emmanuel Havyarimana était de ces Burundais de la diaspora qui veulent mettre leurs études et expériences au service de la reconstruction de leur mère patrie. Avant d`être nommé inspecteur de l`Etat, feu Emmanuel Havyarimana s`était illustré comme un travailleur compétent et assidu au ministère de la communication et de l`information. Point focal du Burundi à l`EAC pour ce qui concerne les Nouvelles Technologies de l`Information (TIC), Emmanuel Havyarimana était très bien apprécié de ses homologues kenyans, ougandais, rwandais et tanzaniens. J`en ai eu la confirmation lors d`un atelier tenu à Bujumbura sur la mise en place de l`e-gouvernement. Il a laissé un grand vide que les étrangers ont constaté tandis que les Burundais préféraient ne pas revenir sur les œuvres du disparu: on ne s`attire pas les foudres d`une âme trucidée car elle pourrait se venger tel un fantôme du Burundi d`avant l`ère chrétienne. Justement, cette attitude cynique met à nu l`hypocrisie d`une nation qui se dit croyante en Dieu ou pire fervente, mais avec des crimes de sang qui ramènent le pays à l`image d`une véritable jungle.

Il y a une année Emmanuel Havyarimana nous quittait, tué par une main toujours obscure. La police a promis des enquêtes dont on attend toujours l`aboutissement, si le dossier n`a pas été classé sans suite. Ici, c`est un ami qui parle et non une autorité. Emmanuel Havyarimana avait également la nationalité néerlandaise mais avait commis l`erreur grave de ne pas se faire connaître à l`ambassade des Pays-Bas. J`allais dire que seuls sa famille et ses amis sont donc préoccupés par la vérité sur sa mort. Disons plutôt que l`assassinat de ce membre de la diaspora préoccupe toujours la communauté burundaise des Pays-Bas. Cette fin tragique rend encore pertinente la question de la sécurité des esprits valeureux et déterminés à apporter leur pierre à l`édification d`un Burundi moins corrompu et plus productif.

Feu Emmanuel Havyarimana était un ami. Nous avions étudié ensemble à la faculté de droit de l`université nationale du Rwanda à Kigali en 1993. On s`est retrouvé à Rotterdam en 2001 et j`ai remarqué qu`il avait la même soif d`aider ses compatriotes à sortir des ténèbres de l`ignorance. Il militait alors pour le Palipehutu mais allait plus tard rejoindre la section du parti CNDD¬FDD des Pays-Bas, fin 2003 pour être précis. Il voulait que la section se distingue par des réalisations remarquables. Avec lui, la section des Pays-Bas a été la première à recevoir la visite du président du parti, Pierre Nkurunziza, alors ministre d`Etat chargé de la Bonne Gouvernance et de l`Inspection générale de l`Etat. C`était en janvier 2004. En décembre 2005, quand le Président de la République Son Excellence Monsieur Pierre Nkurunziza a effectué sa première visite officielle aux Pays-Bas, la section du parti CNDD-FDD était portée au pinacle mais a gardé le triomphe modeste en se dévouant pour que la rencontre du Président de la République avec la diaspora soit un succès. Feu Emmanuel Havyarimana était des nôtres. Maintenant, il n`est plus même si les morts ne sont jamais morts! C`est fort de cette philosophie africaine que j`invite la communauté burundaise des Pays-Bas, les militants du parti CNDD-FDD à avoir une pensée pieuse pour le repos de l`âme du frère ou militant disparu.

En ces moments où le Burundi s`approche des élections, les esprits se chauffent. L’heure du bilan approche et on doit corriger les erreurs. Les critiques deviennent acerbes et parfois malveillantes. Au sein du CNDD-FDD, les vrais militants sont confiants mais les luttes de positionnement peuvent faire des victimes. Ainsi va la démocratie partout quand le moment de courtiser l’électeur approche.

Sous un autre angle, le trépas d`Emmanuel Havyarimana me fait réfléchir sur les dangers qui nous guettent, nous les Burundais rentrés du pseudo eldorado européen. Nous avons souvent une foi aveugle dans le changement. Nous avons des difficultés à faire fi de nos réflexes d`hommes imbus de culture démocratique et du respect de la parole donnée pour comprendre que le Burundi a ses codes non écrits et surtout cruels. L`adaptation met du temps et on peut s`en rendre compte trop tard comme ce fut le cas pour notre regretté Emmanuel Havyarimana.

J`en profite pour inviter ceux qui m`envoient des menaces de mort pour des écrits dont je ne suis pas auteur de ne pas chercher à couler le sang pour des intérêts à cent lieues des préoccupations d`un peuple tant meurtri. Dieu seul sait combien d’internautes recourent à des pseudonymes ou à des adresses e-mails éphémères. Exit la nébuleuse The Leadership Institute?

Des messages m`accusent d`ouvrir la boîte de Pandore ou de m’en prendre aux intérêts de mes anciens compagnons d’exil en Hollande. J`en souffre énormément. J`exprime ici ma gratitude à toutes les personnes qui me soutiennent. Merci à Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président de la République; merci aux honorables Nsesema et Denise Sindokotse, respectivement premier et deuxième vice-président du parti CNDD-FDD. Merci aux collègues de la Deuxième Vice-Présidence et aux amis et militants du parti CNDD-FDD.

A ceux qui continuent à proférer des menaces, je déclare ne pas avoir peur d`aller au cimetière de Mpanda comme on me le promet, mais je préférerais celui de Gitega, à Mushasha! En attendant (puisque personne ne connaît ni le jour ni l’heure de sa mort), je jouis de ma vie en ayant la détermination de rester à la hauteur des tâches et surtout de bien faire le travail qui m’a été confié. Et oui, malgré les attaques, je reste un bourreau de travail.

Mon testament peut choquer bien des Burundais de l`intérieur du pays mais sachez que c`est insensé d`oublier que la vie et la mort sont deux sœurs jumelles! Un empoisonnement, un simulacre d`accident, un tueur à gages, la liste peut s`allonger. Mon testament est donc en ligne. A 38 ans ? Le Fils de Dieu n`est-il pas mort à 33 ans? Mais que voulez-vous que je dise quand j`ai beau démentir, on me rétorque que je suis le seul à détenir certaines informations déversées sur le net. Qui veut noyer son chien l’accuse de rage. On réclame implicitement mon limogeage. Internet ?  Cette toile sur laquelle tous les coups sont permis, surtout aux pyromanes sans scrupules! On ne doit jamais se lasser de démentir si possible promptement, de balayer les critiques malveillantes des esprits sophistes et par trop machiavéliques, même si ces énergies auraient dû être utilisées à quelque chose de plus utile dans notre Burundi en reconstruction tous azimuts. Mais on doit également apprendre des critiques fondées et s’améliorer. La guerre médiatique n’est pas une mince affaire. 

A la différence d`Emmanuel Havyarimana, je prends l`opinion à témoin. On va m`accuser de manquer à la discrétion attendue dune personnalité de mon rang, j`assume. Il ne peut pas en être autrement, je suis un homme public ayant évolué à l`étranger avec d’autres règles que l’hypocrisie. Le revers culturel de la double nationalité?

Oui, seuls les gens qui n`entreprennent rien ne commettent pas d`erreur. Puissions-nous apprendre à nous corriger mutuellement au lieu de nous entretuer comme des bêtes sauvages. Et sur les traces de Saint François d`Assises, disons: « Loué sois-tu Seigneur mon Dieu, pour notre sœur la mort corporelle, à qui nul homme ne peut échapper!» Que l’amour de Dieu nous éclaire et nous protège!
 

Daniel KABUTO