Inacceptables les propos de Monsieur Samson Kwizera …

 

Par The Leadership Institute

 

Dans un article paru sur le site www.abarundi.org et signé Samson Kwizera, en rapport avec l’affaire INTERPETROL, nous avons relevé des propos que nous jugeons inacceptables mais qui révèlent à ceux qui en doutaient encore le caractère ethnisant des hommes au pouvoir à Bujumbura.

 

En effet, nul n’ignore que le site www.abarundi.org est un site pro-gouvernemental. Ce qui constitue, dans tous les cas, le droit absolu des animateurs de ce site. Ce qui n’est pas normal, par contre, c’est l’esprit ethnisant dans certains articles qui paraissent dans ce site. Les personnes citées sont qualifiées non pas par les faits qui les caractérisent mais par leur appartenance ethnique. Ce réflexe témoigne d’un degré fort poussé d’extrémisme ethnique.

 

Sur le dossier INTERPETROL, notons l’essentiel: tout accusé est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. La sortie du rapport de l’Inspection Générale de l’Etat est une chose mais l’Etat ne doit pas être juge et partie et, par conséquent le dossier doit suivre son cours et aller en justice. C’est cela l’Etat de Droit. Les burundais ne veulent du sensationnel. Ils veulent la vérité, rien que la vérité. Que les coupables de ces malversations, si malversations il y a, soient jugées et punies selon les lois de la République, mais dans un procès en bonne et due forme, juste et équitable. Il en va de la crédibilité de la lutte anti-corruption au Burundi.

 

Je ne vois aucun lien entre la demande d’une commission parlementaire sur les négociations et l’affaire INTERPETROL. Franchement, vous n’avez rien compris si vous donnez raison à l’équipe gouvernementale dans ces négociations. Avant que certains parlementaires ne réclament cette commission, le gouvernement en était au stade de menacer ce mouvement et de réclamer des sanctions à son égard, à la suite des tentatives malicieuses de déstabilisation orchestrées par les services de renseignement burundais. Est-ce cela que vous appelez NEGOCIATION?  Si le Président est passé à la vitesse supérieure avec ce soit-disant téléphone rouge, pourquoi ne veut-il pas en informer les burundais, en répondant aux questions des parlementaires? Peut-être ne veut-il pas expliquer que c’est ce téléphone rouge qui est à la base de la recrudescence des combats entre les FDN et les combattants du FNL aujourd’hui.

 

Pourquoi s’en prendre aux parlementaires et les traiter de cynique et machiavélique? C’est une tentative inutile et déplacée de dénigrer des membres d’une institution républicaine. Pourquoi une telle attitude défensive au lieu de faire une analyse froide et courageuse des faits et d’y répondre. Nous le répétons encore une fois : le gouvernement ne rassure pas les burundais sur sa gestion des négociations avec le PALIPEHUTUN FNL et, les parlementaires burundais exercent pleinement leurs prérogatives constitutionnelles en demandant  de passer au crible la stratégie de négociation du gouvernement. Si le gouvernement estime que cette commission viendrait compromettre l’état d’avancement du processus de négociation, il lui appartient de trouver les voies appropriées pour expliquer et rallier ces parlementaires à ses efforts. Aussi simple que cela, au lieu d’aller dans des élucubrations sur des téléphones rouges alors que la guerre bat son plein dans certains endroits du territoire national. La mise en application des accords requiert d’abord qu’il y ait une entente entre les deux parties en négociation. Est-ce le cas quand déjà l’une des parties remet en question l’impartialité du médiateur?

 

Il transparaît des propos de l’auteur de l’article, que c’est plutôt les hommes au pouvoir qui veulent exploiter la guerre à des fins électoralistes. Politiquement, on les comprendrait, à condition ce soit pour nous amener la paix et non nous replonger dans les affres de la guerre.

 

Revenant sur les aspects économiques de cet article, nous croyons savoir que les sommes payées à INTERPETROL émanent des fonds alloués à l’Etat burundais par la Banque Mondiale comme appui budgétaire, et dont une partie devait servir à payer les arriérés de l’Etat envers le secteur privé. La REGIDESO était-elle éligible pour ces paiements? Nous en doutons et de toutes les façons, nous pensons que les arriérés de l’Etat envers le secteur privé constituent comme pour la REGIDESO un frein à l’économie nationale. C’est toute la politique de gestion budgétaire et de rationalisation de la gestion des entreprises à utilité publique qu’il faut revoir. Dans ce sens, nous croyons savoir que des réformes ont été recommandées par le FMI et la Banque Mondiale à l’intention du gouvernement qui devra engager les réformes nécessaires.

Osons dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas: les hutus de première dont parle l’auteur de l’article sont extrémistes s’ils pensent que tous les tutsis qui ont adhéré au Parti CNDD FDD sont des opportunistes. La gestion d’un parti politique requiert d’avoir une vision globale pour dépasser ces petitesses d’esprit. En matière d’opportunisme politique ou de corruption, les tutsis et les hutus se valent bien. D’autre part, nous pensions que les artisans de la lutte armée menaient une lutte pour la démocratie et défendaient TOUS les burundais de toutes tendances ethniques, religieuses et régionales. Nous trouvons inacceptables que pour certains militants hutus de première heure, la lutte armée constituait un INVESTISSEMENT où il s’agit aujourd’hui de récolter des DIVIDENDES. Cela explique la course effrénée de ces “combattants de première”, que sont la clique de généraux au pouvoir, pour les détournements et autres malversations économiques, avec le silence complice du Président de la République.On comprend aussi le nouveau langage qui consiste à dire que parmi les membres du CNDD FDD, il y a “abarurwanye” et “abagumyabanga”, les premiers étant ces combattants de la première heure, en quête de dividendes.

 

Cela explique aussi pourquoi, la quasi-totalité des cadres tutsis du CNDD FDD ont tous été limogés au lendemain du Congrès de NGOZI et ont été TOUS remplacés par des cadres hutus, probablement actionnaires de la société “BURUNDI S.A” (avec Pierre NKURUNZIZA comme président du Conseil d’Administration), car en droit de récolter des dividendes. La seule question qui subsiste est de nous expliquer comment le peuple burundais, lui, va récolter les dividendes de la démocratie et de la paix.

 

Sur la question de l’idéologie du CNDD FDD, Hussein Radjabu est, d’après les informations à notre disposition, l’un des artisans de l’idéologie qui avait séduit les burundais de toutes ethnies confondues, faisant du CNDD FDD l’un des partis les plus représentatifs de la population burundaise. C’est cette idéologie du CNDD FDD qui avait séduit ces tutsis que vous traitez aujourd’hui de “mauvaise graine semée par Hussein Radjabu”. C’est cette idéologie qui avait séduit les leaders de la sous-région qui avait constitué le soutien diplomatique au mouvement CNDD FDD. C’est cette idéologie qui avait rassuré TOUS les burundais au lendemain des élections. Le CNDD FDD sans Radjabu, ou le CNDD FDD de Ngozi, comme certains l’appellent, a t-il une autre idéologie? Celle de récolter les dividendes? Heureux de l’apprendre et de comprendre que finalement l’Honorable Hussein Radjabu est victime de l’exaspération de ces militants de la première heure sur sa politique d’ouverture ethnique.

 

Quant à fustiger l’armée et les hauts cadres militaires des régimes précédents, on retrouve derrière les propos de l’auteur de l’article, le fameux slogan “igisirikare c’abatutsi” en lui infligeant tous les maux. Nous trouvons cela irresponsable de la part d’un site pro-gouvernemental. Ces propos ne sont cependant pas gratuits. Ils relèvent d’une stratégie du pouvoir NKURUNZIZA à mener une campagne médiatique exacerbant la corde ethnique en faisant porter le chapeau de ses échecs à diriger le Burundi aux tutsis.

 

Il suffit de lire en profondeur le discours  du Nouvel An du Président de la République ainsi que les écrits de ces derniers jours des scribes progouvernementaux pour en avoir la prévue.

 

Quand une seule personne, membre du CNDD FDD, s’exprime publiquement avec des propos ethnisants, on peut appeler cela une bavure. Mais quand ces propos sont colportés à tout de rôle, cela s’appelle une stratégie politique qui dénote de la nouvelle idéologie politique des gens au pouvoir à Bujumbura. Nul besoin d’attirer votre attention sur le risque que cela comporte au moment où l’on croyait que le Burundi était sorti des ghettos ethniques avec la victoire du CNDD FDD.

 

Nous nous joignons donc à tous ceux qui fustigent ce retour en arrière dans la marche vers la réconciliation du peuple burundais. NKURUNZIZA, s’il continue dans cette voie, est en train de semer les graines de sa propre destruction politique. Voilà encore une preuve que ce dernier est POLICALLY BANKRUPT.

 

Nous invitons tous les patriotes burundais à condamner inlassablement les sorties médiatiques pro-NKURUNZIZA, suggérant la haine ethnique et colportés par ses scribes en manque d’imagination.