A QUAND L'UNION DES  MOUVEMENTS DE REBELLION AU BURUNDI?

 Burundi news, le 29/01/2016

Depuis la fin des manifestations, une rébellion est née au Burundi. Cette rébellion cherche à faire tomber Nkurunziza qui s'est arrogé un troisième mandat illégal et contre les accords d'Arusha. Aujourd'hui, le peuple burundais est fatigué car il y a beaucoup de tueries du pouvoir. Les personnes arrêtées par la police  sont exécutées. Les jeunes sont souvent visés.

Deux rébellions RED-TABARA et FOREBU

Deux rébellions sont signalées au Burundi. Il y a RED-TABARA et FOREBU. On ne doit pas oublier le FNL de Nzabampema qui contrôle  une zone  au Congo mais n'intervient pas au Burundi pour le moment à part quelques incursions à la frontière. C'est un mouvement bien organisé et qui a une certaine discipline.

RED-TABARA est plus connu par ses actions sur le terrain que ce soit dans la ville de Bujumbura ou dans les provinces de Bujumbura rural, Bururi et Makamba. Son chef n'est pas connu pour le moment car ce mouvement n'a pas encore décidé de rendre public son nom. Selon les informations qui nous parviennent, le chef militaire est un général probablement pas très connu mais qui a déjà fait ses preuves dans des rébellions. Comme il s'agit de rébellion, l'expérience dans l'armée régulière n'est pas nécessairement la mieux adaptée. Faut-il dire que nulle part dans l'armée burundaise on apprend comment mener une rébellion ou comment la combattre. Les militaires sont formés pour des combats classiques. Espérons que ce nom du chef militaire  sera rendu public bientôt. RED-TABARA est né le 24 avril 2011.

Ce mouvement RED-TABARA est composé d'anciens militaires (D'autres continuent à le rejoindre comme une douzaine la semaine dernière), quelques  anciens rebelles FNL et des jeunes civils qui ont appris sur le terrain et ce sont les plus nombreux.

FOREBU est composé par des officiers supérieurs et généraux principalement, du moins dans son commandement. Son chef est le général Niyombare, le porte parole est le commissaire de police Nibigira qui est de la 17 è promotion des officiers de l'ISCAM. Le chef militaire est le général Habarugira de la 20 è promotion des officiers de l'ISCAM. Il est secondé par le colonel Antoine-Marie Zacharie Twagirayezu. Le colonel Jules Ndihokubwayo a été nommé chef des opérations de FOREBU. Ce colonel a protesté car il n'a pas été contacté à l'avance et en plus, il est en fonction et se trouve en mission AMISOM au Kenya. Il a été remplacé par le lieutenant colonel Edouard Nshimirimana, ancien officier des transmissions de l'armée. Ce mouvement qui a dévoilé sa composition a bien démontré qu'il est essentiellement militaire. Aucun civil n'apparaît dans son organigramme que ce soit à sa présidence ou aux organes.

L'union ou l'autonomie de chaque groupe

Beaucoup de Burundais opposés au troisième mandat souhaite une union de ces deux mouvements. Il y a eu plusieurs tentatives mais tout se heurte à un problème qui devra être résolu. Est- ce deux visions différentes? Une vision plus militarisée et rigide et une vision plus politisée et méfiante, comme le disent certains?

Tout dépend de quelle lecture on fait de ces divisions ou absences d'unité. Certains pensent qu'en mettant ensemble les moyens et les hommes, la lutte pourra avancer rapidement. D'autres estiment que chacun doit d'abord mobiliser de son côté, multiplier les actions pour acquérir de l'expérience avant de s'unir. Personne n'a tort si on raisonne d'une façon intrinsèque.

L'union n'est pas un préalable d'une lutte au départ. Dans tous les cas, il est difficile de s'unir quand sur le terrain, les actions ne sont pas nombreuses car les négociations sont compliquées. Il faut savoir que chacun veut prouver à l'autre qu'il apporte beaucoup et donc ce fait qu'il veut peser dans le nouvel organigramme. 

Techniquement, l'union peut être remplacée correctement par une collaboration. Prenons, si au Burundi deux fronts sont ouverts dans le sud et dans Cibitoke et Bubanza. Deux mouvements qui collaborent peuvent faire mieux qu'un seul mouvement qui coordonne  les deux fronts. Pour un seul mouvement, il peut privilégier un seul front au détriment d'un autre. Par ailleurs, quand il y a deux commandements autonomes différents, chacun essaie de faire de son mieux et de se concentrer sur la stratégie de sa zone en toute autonomie.

L'idéal serait que FOREBU ouvre un front dans une province donnée et RED -TABARA dans une autre province. A partir des actions et des succès ou difficultés de l'un ou de l'autre, déterminer la stratégie de collaboration à adopter ou des moyens à échanger. C'est à une phase ultérieure que l'union s'impose aux deux ou trois mouvements.

Si aujourd'hui les négociations d'union n'aboutissent pas, c'est parce que les actions ne sont pas intenses et les négociations manquent de base solide. Il aurait été préférable de négocier avant de rendre public le nom du premier mouvement qui l'a fait. Dès que le nom est sorti isolément, l'autre mouvement est tenté de publier son nom. A partir de ce moment, l'union devient plus compliquée qu'avant.

Dans tous les cas, si les deux mouvements disposent des forces et des moyens, rien ne les empêche de mener des opérations séparément. Aucune lutte ne peut souffrir de cette première phase. Le seul problème peut provenir d'un camp qui ne pourrait pas recruter et équiper ses combattants. En ce cas, le problème reste le même. Même en se mettant ensemble, le recrutement des combattants et l'équipement restent les priorités.

La deuxième guerre mondiale a été gagnée par les alliés et les Russes. Rien n'est sûr du timing de la victoire si les alliés et les Russes avaient formé un seul commandement. Le fait que les Russes aient gardé leur commandement et les alliés de même, a beaucoup joué sur la rapidité de la fin de la guerre.

Je suis convaincu qu'il y a encore un chemin à faire pour ces mouvements. Il est facile de corriger les erreurs du début dans l'autonomie et je dirai même dans la compétition pour une meilleure discipline et un bon commandement avant de s'unir. L'union fait la force mais l'union peut faire la faiblesse quand elle n'est pas bien préparée. A un certain moment, l'union s'imposera. A défaut, un des deux  mouvements disparaitra pour laisser place à celui qui aura marqué les esprits par ses actions. 

Demain, l'Union africaine doit déterminer si la Maprobu sera envoyée au Burundi de gré ou de force.