La campagne électorale à la sauce de 1993


21 May

Burundinews, le 10 mai 2020

Les élections de 2020 sont uniques. le Président actuel ne se représente pas à la grande surprise de tous après avoir modifié la constitution. 

Beaucoup de gens se posent la question de savoir les raisons de cette modification. Aurait-il été dissuadé par le gouvernement tanzanien qui avait soutenu le troisième mandat mais qui ne pouvait pas tolérer un quatrième mandat?

Le jeu semble ouvert. Le terrain libre d'une victoire, surtout hors le parti au pouvoir CNDD-FDD. Le candidat des généraux, le général Evariste Ndayishimiye, se présente face au candidat du CNL Agathon Rwasa. 

Sur le terrain, Rwasa draine des foules comme pour Ndadaye en 93. Ses militants sont harcelés, emprisonnés, battus, tués mais ils ne lâchent pas. Une détermination sans faille. Une détermination qui inquiète le parti au pouvoir. 

Sur le terrain, la lutte est sans merci avec des militants de Rwasa qui marquent la différence et subissent la folie des Imbonerakure. 

A l'image de 93, la victoire de Rwasa est souhaitée par plusieurs millions de Burundais mais sa probable victoire suscite des craintes. 

Deux problèmes se posent. Je ne vois pas le président de la CENI proclamer la victoire de Rwasa sans se mettre à l'abri dans l'ambassade américaine. Même si Rwasa était proclamé vainqueur des élections, les généraux issus du CNN-FDD ne pourraient pas lui permettre de diriger le pays. On se retrouverait dans le scénario du 2 au 3 juillet 1993 contre le Président Ndadaye. 

Je ne parierai pas sur un dollar que le général Evariste Ndayishimiye ira féliciter Rwasa en cas de victoire réelle dans les urnes. Quelque soit sa volonté, les généraux ne lui permettraient pas un tel comportement. Des fois, le Dieu reste dans le stade ou dans les églises. Quand il s'agit du pouvoir, on le range dans un placard. 

Cette campagne électorale est aussi unique. Elle ne véhicule pas une haine ethnique car les grands candidats sont des Hutu. Les Tutsi ne s'identifient pas en majorité dans un ou deux candidats. Les Hutu non plus. La campagne électorale devient nationale alors. 

Agathon Rwasa participe à sa grande campagne électorale. Dans le cycle politique, il se trouve au sommet. Il est condamné à réussir ou à échouer. La réussite sera totale et l'échec le sera aussi. Il y aura un avant la campagne et un après.



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