La campagne électorale bat son plein au Burundi


22 May

Burundinews, le 15 mai 2020

La campagne électorale bat son plein au Burundi. Les  esprits s'échauffent entre les militants du CNDD-FDD et le CNL. Rwasa étonne plus d'un. Son parti politique FNL a été offert en cadeau à Jacques Bigirimana. Rwasa a dû créer un nouveau parti CNL et le voilà jouant d'égal à égal avec le candidat du parti CNDD-FDD qui est au pouvoir depuis 2005. 

Nous sommes devant un équilibre de forces électorales et non militaires. Ce qui est inquiétant, c'est que chaque camp pense qu'il a déjà la victoire en mains. De ce fait, aucun ne reconnaîtra son échec. Le bras de fer entre les militants interposés prendra sa place. Celui qui peut être inquiété doublement est Agathon Rwasa. Ses militants ne pourront pas tenir tête à la force des imbonerakure, de la police et de la Documentation. Il serait lui-même déclassé pour de bon et jeté en prison. Une situation de terreur qui ferait des milliers de morts. 

Politiquement, Rwasa sera obligé de revendiquer la victoire et devra aussi appeler à manifester sans pour autant se mettre dans les manifestations. 

L'option de la reprise de la lutte armée est à écarter définitivement. La donne a changé. Même ceux qui se disent en lutte armée peinent à faire cette lutte. Certains le proclament des capitales où ils sont installés sans disposer des troupes. 

Rwasa sait bien qu'il ne dispose que de la seule force démocratique et populaire.En face de lui, il a des gens qui disposent de la force réelle et aussi démocratique, on ne peut pas le nier. 

Nous sommes dans le realpolitik de la sous région. Je vois mal le CNDD-FDD lâcher le pouvoir parce qu'il y a des élections. Ce parti a construit tout autour du parti, plus que l'Uprona du temps de Buyoya. 

Par ailleurs Rwasa peut bien jouer en prévoyant le plan B, la victoire du CNDD-FDD, qui miserait sur l'obtention de plus de 40 % des députés et sénateurs. Il disposerait d'un pouvoir de blocage qui lui permettrait d'influer sur la vie politique du Burundi. 

A supposer que le système DD avale son candidat et lui impose une sorte de violence, le candidat Evariste Ndayishimiye devrait reprendre la main pour incarner l'arbitre qui sonnerait la fin de la recréation. 

Sa force serait d'approcher Rwasa pour des discussions. Il faudrait aussi envisager de l'associer au pouvoir. Ndayishimiye aurait l'occasion de démanteler la milice imbonerakure dans le but de l'unité nationale. 

Evariste Ndayishimiye a les cartes en main de la paix et de la violence. A lui de sortir les bonnes cartes. Il peut déjouer toutes les pensées et demander à ce que les vrais résultats des élections soient publiées. Qu'il gagne ou ne gagne pas, il aura sauvé le Burundi. En cas de victoire, il peut approcher Rwasa pour lui garantir la vérification du comptage et des procès verbaux avant la proclamation officielle des résultats des élections. Il faudrait aussi un message à l'endroit de ses militants et imbonerakure pour fraterniser avec les militants du CNL afin d'éviter la violence. 



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