Le Président Nkurunziza est mort le 10 juin 2020


12 Jun

Burundinews, le 11 juin 2020

Le Burundi est un pays en plein rebondissement. L'histoire n'est pas rectiligne, elle est remplie des surprises. Tantôt un Président élu meurt assassiné, tantôt un autre meurt après les élections et avant de céder le pouvoir. Le Burundi a connu aussi un assassinat d'un premier ministre avant la formation de son gouvernement. On dirait qu'au Burundi on ne fait pas la politique mais de la tragi-politique. 

Nous sommes au mois de juin 2020. La campagne électorale vient de se terminer et la CENI vient de déclarer vainqueur le général Evariste Ndayishimiye. Le candidat malheureux Rwasa a porté plainte auprès de la cour constitutionnelle. Il a été débouté par cette cour. On s'y attendait. La force des urnes ne dispose pas de bataillons alors que la force des armes en dispose. 

La victoire du CNDD-FDD présageait un malheur. Elle n'a pas été fêtée si ce n'est qu'une journée de prières. Les défilés dans les rues étaient attendues mais ont été interdites comme si le CNDD-FDD avait réellement pris acte de la tricherie et voulait être humble. 

La tragédie de la négation du coronavirus et son boomerang

Ce petit virus nommé coronavirus ou Covid19 est dangereux. Il est tellement petit qu'il est inconnu chez certains politiciens. Quand il est apparu en Chine, tout le monde pensait que c'était comme Ebola qui n'a pas voyagé. 

Ce petit coronavirus est tellement méchant que certains évangélistes le combattent à coup de bible. Le bon Dieu est démuni. Il assiste au ravage. Il laisse la main aux hommes pour le combattre. Croire trop en Dieu pour être protégé sans prendre aucune mesure est devenu suicidaire. 

Voilà Nkurunziza qui niait l' existence au Burundi de ce virus, allant jusqu'à préconiser de ne pas porter les masques, n'a pas pu résister à ce même coronavirus. 

Bon sang, pourquoi ce virus a-t-il attaqué la tête du pouvoir?! Une véritable tragicomédie. 

Tout a commencé par la négation de ce coronavirus au Burundi pour avoir le temps d'organiser les élections et tenir les meetings. A force d'en parler, certains y ont cru. Le Burundi protégé par la main de Dieu du fait qu'ils prient beaucoup. 

Le bon Dieu a été mal interprété. Certains ministres ont été contaminés, le président de l'Assemblée, plusieurs personnalités, la dame du Président, beaucoup de militaires de la garde présidentielle. Jusque là le coronavirus a tué officiellement un seul burundais et quelques dizaines de malades. 

L'enterrement de l'ancien vice-Président Sinunguruza a été un véritable foyer de contamination de plusieurs ministres et autres responsables du pouvoir. 

L'hôpital tant décrié, Kira Hospital, a été d'un apport capital pour ces responsables du pays. La journée, ils s'attaquent à Kira Hospital, le soir, ils se font tester et soigner au même hôpital. Quelle hypocrisie! 

La dame de Nkurunziza a attrapé le coronavirus. Kira Hospital est intervenu en premier et aurait contribué à son transfert au Kenya. Le Président Nkurunziza n'a pas voulu reconnaître la vraie maladie de son épouse, se contentant de l'argument  officiel des médecins à savoir d'autres problèmes. 

Peut-on parler de méchanceté ou d'hypocrisie? L'entourage du Président s'est fait tester et se faire soigner avec le protocole du professeur français Raoult. Personne n'a osé dire au Président qu'en réalité, ils ont été testés positifs  et soignés. Nkurunziza a cru que tout le monde faisait comme lui ou pensait comme lui. Mais il s'agissait de la santé. Les croyances religieuses ou idéologiques sont vite oubliées  pour sauver sa santé. 

Vendredi en bonne santé et mort le lundi à 16 h

Le vendredi 05 juin 2020, le Président Nkurunziza était à Ngozi. Dans l'après midi, il a éprouvé un malaise et la fièvre montait. Soigné par son médecin traitant, la fièvre est retombée. Nkurunziza a assisté à un match de football à Ngozi de la finale du Président le samedi 06 juin 2020. C'est à ce moment que la fièvre est revenue encore une fois. Son médecin traitant l'a encore soigné. La fièvre est encore revenue et son médecin a alors décidé de le transférer dans un hôpital. Qui a décidé de l'hôpital d'accueil? Sans aucun doute, il y a le médecin traitant, Nkurunziza lui-même car il était conscient et parlait. Il a donc validé l'hôpital de transfert.  

Ce transfert à l'hôpital de Karuzi a laissé beaucoup de Burundais perplexes, y compris chez les ministres. A Karuzi, il y a un hôpital de la cinquantenaire. Il est moderne, équipé mais manque de spécialistes. C'est aussi un hôpital qui n'a pas de respirateur et qui ne peut pas tester la Covid 19. Par ailleurs, l'hôpital se trouve dans le fief de Nkurunziza où il réalisait le meilleur score. Un hôpital dans lequel il avait confiance. Les hôpitaux de Bujumbura comme Kira Hospital posaient un problème pour lui d'après certaines informations venant des proches du défunt. A Karuzi, tout un bloc a été réquisitionné et il y avait une grande confiance..  

Le samedi, Nkurunziza discutait avec son entourage.  Son fils est allé le voir à l'hôpital pour discuter avec son père. Le dimanche, il était toujours conscient et causait. C'est lundi que son état de santé s'est aggravé. Le ministre de la santé a récupéré un respirateur dans un hôpital de Bujumbura et a ramené à l'hôpital de Karuzi deux  médecins spécialistes pour réanimer Nkurunziza. 

Les deux médecins accompagnés du ministre de la santé n'ont pas pu réanimer le malade. Il est décédé le 08 juin à 16 hrs. Le secret a été gardé jusqu'au lendemain même si les rumeurs couraient. Notre rédaction a eu une information précise de la mort du Président Nkurunziza à 18 hrs. 

Le gouvernement a annoncé la mort de Nkurunziza. Il a affirmé qu'il est mort de crise cardiaque. Il est impossible de mourir de cause cardiaque qui s'est manifesté depuis samedi et mourir lundi. En réalité, il est mort de coronavirus. Cependant, la mort a été trop rapide. D'habitude le coronavirus ne frappe pas de cette façon. Il a eu des problèmes respiratoires ont commencé le lundi et il est mort le même jour. 

Le motif de crise cardiaque est expliqué en coulisse par certains proches du fait qu'il est mort avant la réception du test de coronavirus qui a été fait tardivement. 

Quel gâchis! Mourir d'une maladie qui pouvait se soigner s'il n' y avait pas ces croyances du Dieu qui protège le Burundi du coronavirus. L'erreur est fatale et cette négation l'a été aussi. Tout son entourage savait bien que c'était un "suicide" mais personne n'a osé lui dire qu'il a tort.  

Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.