Les résultats des élections contestés.


28 May

Burundinews, le 27 mai 2020

Le Burundi traverse une zone de tempête depuis plusieurs années. Tout le peuple burundais espère la fin de la traversée. Le danger guette tout le monde y compris les pilotes qui ont engagé le pays dans la turbulence. 

Est-ce une ère nouvelle qui s'ouvre ou  le début du commencement? 

Espérons un avenir meilleur pour le Burundi. 

Ce 25 mai 2020, le président de la CENI, Pierre Claver Kazihise, a proclamé les résultats de la course électorale. Le CNDD-FDD sortirait vainqueur d'après la CENI alors que le CNL de Rwasa avait réclamé la victoire quelques jours avant. 

Le CNDD-FDD a obtenu 3 082 210 voix; soit 68,72 % contre 1 084 788 voix; soit 24,19 % pour le CNL. Ce sont les chiffres des élections présidentielles publiés par la CENI. 

Au niveau législatif, le CNDD-FDD a obtenu 72 % des sièges, le CNL 27 sièges et l'Uprona 1 siège. Le CNL est vainqueur à Bujumbura Mairie et à Bururi. 

Il est très étonnant que la CENI ne donne pas des chiffres qui reflètent la vraie réalité. Bujumbura rural est le fief du CNL plus que Bururi. Il en est de même de la mairie de Bujumbura qui est moins fief du CNL par rapport à la province de Bujumbura rural. 

La situation électorale est proclamée en tant que telle par la CENI. Qui a la force de changer ces résultats? Je ne crois pas que ça soit la cour constitutionnelle ou une autre cour. La contestation ne peut se faire que par des voies légales. Ces voies légales sont minées. Le terrain a été bien préparé. 

Que fera Rwasa?

La marge de manœuvre de Rwasa est très étroite. Il lui reste le recours à la cour constitutionnelle pour statuer sur les tricheries qui pourraient avoir un effet sur les résultats. Sans aucun doute, il sera débouté par cette cour. La cour constitutionnelle statue en dernier ressort. Rwasa n'aura d'autres choix que de s'incliner devant le jugement de la cour constitutionnelle, du moins sur le plan juridique. 

Comme déjà écrit dans d'autres articles, Rwasa ne lancera pas ses militants dans la rue car le pouvoir n'hésitera pas à le mettre en prison et à mâter brutalement les manifestants. 

La situation actuelle impose le realpolitik. Ce realpolitik imposera à Agathon Rwasa d'adopter un profil bas pour protéger ses militants. Il aura éventuellement le même poste de vice-président de l'Assemblée nationale avec quelques postes de ministres, ambassadeurs pour que le jeu soit calmé. Je suis convaincu qu'il ne dira pas non. Le médiateur habituel entre Rwasa et Nkurunziza en la personne de Monseigneur Madaraga entrera dans la danse pour trouver un terrain d'entente entre les deux politiciens de Ngozi. 

 Dans tous les cas, Rwasa vient de participer pour la dernière fois à telles élections avec un tel score. Les Burundais ont voté massivement pour lui. Il a perdu. C'est comme un banquier à qui on confie son épargne et qui vous dit au bruit d'une semaine qu'on lui a volé l'argent. La prochaine fois, vous confiez l'épargne à un autre banquier. Les Burundais choisiront soit un autre candidat, soit l'abstention ou bulletin nul. 

Et le prochain Président Evariste Ndayishimiye?

Evariste Ndayishimiye a du pain sur la planche. Le grand dossier à résoudre en priorité est sans aucun doute la sécurité des Burundais. Cette sécurité passe par la maîtrise des imbonerakure. Pourra-t-il affronter cette milice qui l'a aidé pour se mettre au pouvoir? Wait and see. 

Il devra aussi faire en sorte que Rwasa sorte la tête haute, sans l'humilier. En politique, celui qui a la force doit éviter d'humilier ses adversaires car la force peut changer de camp. Rwasa n'a pas attaqué directement le candidat Evariste Ndayishimiye pendant la campagne. Au pouvoir, Evariste Ndayishimiye devra avoir la gentillesse de respecter et protéger Rwasa et ses militants. 

Dans son discours après la proclamation des résultats, Evariste Ndayishimiye a été humble. Encore faudra-t-il qu'il le reste aussi pendant son septennat. 


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